Un centre de loisirs à Kaweni en mars 2020 !

Par Chaima Mohamed

Je suis animatrice stagiaire aux Ceméa (Centre d’Entrainement aux Méthodes d’Éducation Active) en formation BPJEPS (Brevet Professionnelle de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire et du Sport).

J’effectue mon stage dans le centre d’animation des Ceméa à Kaweni. Nous y accueillons une trentaine de jeunes non scolarisés. L’objectif est de sortir ces jeunes de l’isolement en leur proposant un cadre de vie. Des différentes activités sont proposées à eux ou par eux. Il s’agit d’activités manuelles, jeux de plateaux et jeux autour des livres, la bibliothèque de rue (BDR), chants etc.... Dans le cadre de ma formation, je suis amenée à faire la formation «direction» pour les ACM. Il y a un stage pratique de 18 jours d’Accueil Collectif des Mineurs en tant que directrice. J’ai eu la chance que mon lieu de stage propose des ACM. J’ai donc mis en place, avec les Ceméa , un accueil collectif des mineurs sans hébergement en mars 2020. Cet accueil a duré 11jours (il me restera au moins 7 jours pour valider ma formation). Voici un aperçu de celui-ci.

Présentation du centre :Du 02 au 14 mars nous avons accueilli à l’école Mchindra de Kaweni 30 jeunes de 6-10 ans des différents quartiers du village, il y avait plus de filles que de garçons. La moitié de ses jeunes fréquente déjà le centre d’animation des Cémea à Kaweni. Nous avons inscrit 15 jeunes venant de mon lieu de stage et les 15 autres dans le village. L’objectif était de prioriser les jeunes du centre pour leur permettre de vivre des nouvelles choses et aussi d’avoir un nouveau cadre. Il était importent pour moi que nos jeunes puissent y participer pour plusieurs raisons :

Permettre à ses jeunes qui n’ont pas accès à l’école de pouvoir y mettre les pieds pour la première fois ; Sensibiliser leurs parents sur la nutrition car les jeunes viennent aux centres avec les sucreries, chips etc... ; Faire vivre des nouvelles choses à nos jeunes qu’ils n’ont pas l’habitude de voir (nouveaux jeux, et manières de faire avec des nouveaux animateurs, vivre en collectif) ; Bénéficier des différentes sorties, faire des propositions ; Donner la possibilité à ces jeunes d’avoir un repas à midi mais surtout un repas équilibré et varié.

Ces jeunes vont pouvoir relayer l’information aux autres camarades en leur parlant des sorties, des différents jeux et animations, de comment était composé les repas etc.…. Cela me permettra de pouvoir faire une suite avec tout les jeunes après l’ACM.

L’équipe -Nous étions 5 animateurs. 3 qualifiés du Bafa / Oidaenti, Mahaba et Toiffati, 2 stagiaires Oussein et Anzilati et moi-même comme directrice stagiaire.

Les grands axes du projet :  MANGER, BOUGER - Nous avons fait un constat de malnutrition et une carence d’activité physique à Mayotte. Durant les deux semaines, nous avons travaillé sur ces thématiques. Nos objectifs généraux étaient de faire intervenir des professionnelles dans le domaines de la nutrition et du sport.

Parmi nos actions : les sorties à la cascade Soulou. À l’arrêt du bus nous avons beaucoup marché. Ce projet de randonner a permis aux jeunes de découvrir qu’au milieu de cette forêt il y a une plage. C’est quelque chose qui pour eux n’existait pas. Questionnement d’un jeune qui a fait réagir le groupe «Chaima, yokiri malavouni vouka bahari ?»  «Chaima, c’est possible qu’à la compagne puisse avoir la mer ?». Et à Musical plage et au jardin botanique. Notre objectif principal était la découverte de ces lieux, de leurs histoires, des villages de Mayotte ou même le transport «monter dans un bus». La majorité des enfants n’ont jamais mis les pieds dans un bus, ce fut l’occasion pour eux de découvrir cela.

Le vendredi 13 mars 2020 une grande journée de rencontre et de sensibilisation des parents et des jeunes était organisée. Pour répondre au mieux au questionnement des parents, comme nous ne sommes pas les professionnels, nous avons fait appel à des intervenants tel que l’IREPS pour la nutrition, bucco-dentaire pour l’hygiène dentaire et une professionnelle du fitness.

Vie quotidienne organisation, participation des adultes et des enfants - Les enfants étaient associés aux activités, ils avaient la possibilité de faire des propositions. Les animateurs prenaient toujours les avis des jeunes par apport aux activités. Le règlement : si nous voulons que ça fonctionne, il faut le faire avec eux. Cette manière les oblige à nous dire ce qu’on pourrait faire et ne pas faire. Nous pensons que c’est plus simple pour eux de les retenir et ils ajoutent des questions ou idées très importantes.  Les encadrants étaient présents pour rajouter ou accentuer des points abordés.

Rythme de la journée - Ouverture du centre à 7h30, accueil et petit déjeuner 8h - 9h-9h30 mise en train - 9h30 à12H différentes activités ont été proposées, par les animateurs et les jeunes - 12h à 14h temps de repas et de repos ou d’activité pour d’autres - 14h à 16h activités et ensuite de rangement/nettoyage du lieu. À partir de 16h bilan des animateurs et préparation du lendemain.

Activités prévues et réalisées - La majorité des activités prévues a été réalisée : Jeux de coopérations, plusieurs activités physiques pour rester dans notre thème, activité manuelle, sorties, sensibilisations, vie quotidienne organisée avec les jeunes... Un temps important était le repas. Car à travers ce temps nous passons différents messages. La composition de notre repas, l’importance de ce repas dans notre organisme, l’hygiène, la préparation collective du moment et le rangement. Les activités prévues mais non réalisées : « Diffuser des petites vidéo pour parler des stéréotypes ». Nous n’avons pas pu le mettre en place par cause du manque d’organisation.  Qui dit manque d’organisation, dit manque de matériel ! Aussi nous avions prévu des ateliers cuisine  mais l’espace n’était pas adapté. Nous ne remplissions pas les règles d’hygiène et de sécurité.

Quelques mots entendus ... «Je veux aller me baigner à la plage...» 8 jeunes ontrevendiqué cela - «J’ai beaucoup aimé la sortie à la cascade Soulou..» Cecile - «Je veux jouer au foot» la moitié des jeunes demande cette activité! - «Tsakojowa amba cascade owo MRO »,  « je ne savais pas que une cascade c’est le fruit d’une rivière...» Kader, 10ans

«Le dernier jour de l’ACM  nous sommes sortis du traditionnel. J’ai fait beaucoup d’ACM avec la mairie nous finissions toujours par une grande fête, chaque groupe passait sur scène et présentait ce qu’il avait préparé. Mais ici le dernier jour, nous avons organisé une journée de sensibilisation avec les jeunes et les parents qui étaient contents, épanouis, sans forcement mettre une grande musique et des danseurs un peu partout. J’ai trouvé cela intéressant, je pense même le proposer lors de mon prochain centre. » Oidaenti, animatrice.

Les bonus vidéo cliquez Jeu sur la plage et Jeu sur la plage suite

En conclusion  - Vive les ACM, pour les jeunes de tous les villages de Mayotte, car on y apprend plein de choses, on découvre d’autres villages, les autres, les activités, le partage des tâches, la responsabilité, à prendre la parole et écouter les autres ...

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